Les forts dans les Alpes-Maritimes
Fort de Rimplas - Ouvrage Maginot de la Madeleine
Sa mission principale fut celle de barrer la vallée de la Tinée. Les avant-projets furent dressés en 1928 par la Direction des Travaux de Fortifications de Nice. Puis, peu après, les travaux débutèrent avec le creusement des galeries. Il convient de préciser qu'à l'époque, on est en pleine ignorance des matériels d'équipements, des massifs bétonnés, des cuirassements et des équipements de toutes sortes qui doivent venir au bout des galeries. Les travaux avancèrent lentement, ainsi, au fur et à mesure, des modifications furent éralisées. En 1935, l'essentiel fut terminé. L'ouvrage intervient lors du conflit de 1940.
L'ouvrage accueillit 383 hommes sous les ordres du Capitaine "Toussaint". Ce fort dispose de 5 blocs de combat et d'un téléphérique permettant le revitaillement de celui-ci sous les feux de l'ennemi.
Fort Saint Roch
Elément de la ligne Maginot des Alpes établit en 1932, ce fort est un exemple de la technologie militaire de pointe de cette époque.
Il possède une centrale de production électrique, une salle de filtrage et de ventilation de l'air, une infirmerie, un central téléphonique, une cuisine et une réserve d'eau et de vivres.
La lumière du jour qui ne pénètre qu'à travers les périscope des observatoires, les troupes furent appelées ' les diables bleus '.
Désaffecté, le fort est ouvert au public et 240 m2 d'exposition y sont aménagés.
Fortifications du col de Tende
Le fort Central est le fort principal, appuyé par les 5 autres forts : fort Pernante, fort de Giaure, fort de la Marguerie, fort Pépin, fort Tabourde.
Construits entre 1881 et 1883 avec des matériaux extraits de carrières proches, ces ouvrages sont de forme rectangulaire, entourés d'un fossé et ne possédant qu'une entrée unique par un pont-levis. Malgré leur puissance de feu, ils ne serviront pas.
Fort de Colle Alto ou fort central correspond au type du fort de barrage de camp retranché défini en Italie dans les années 1870-1875 ; il est le dernier construit en Italie dans sa catégorie, en 1881.
Le chantier, commencé en mai 1881 et achevé pour l'essentiel en 1883 perdura pour certains postes jusqu' en 1885. Il est laissé à l'abandon par l'administration militaire et n'a pas d' affectataire.
Vers 1900 fut construit vis-à-vis de la porte la station supérieure d' une ligne téléphérique (que les documents anciens qualifient de funiculaire) , longue de 3, 2 km reliant ce site à celui des magasins de la Panice, situés 700 m en contrebas sur le versant nord de la montagne. Il avait pour vocation de faciliter l' approvisionnement du fort et des casernes, inaccessibles par la route en hiver.
Le fort a été désarmé durant la première guerre mondiale et le téléphérique a cessé d'être entretenu. Les 5 autres forts jouaient le rôle de batteries de protection.
Fortifications du Massif de l'Authion
A la fin du 19ème siècle, les relations entre la France et l'Italie se dégradent, l'Italie adhérant à la Triplice.
Aussi, les autorités militaires françaises décident de fortifier le massif de l'Authion et dans une première étape construisent des routes militaires permettant aux troupes de se déployer et d'acheminer des matériaux. A partir de 1883, deux forts de type 'Séré de Rivières' sont construits au sommet de La Forca et des Millefourches. Puis, entre 1897 et 1899 est édifiée la redoute des Trois Communes, fortification alliant pour la première fois maçonnerie en pierre et béton armé. En outre, des baraquements sont construits sur l'Authion pour loger les troupes en manœuvre.
Ce système fortifié sera complété et renforcé en 1930 par des forts de type 'Maginot', notamment à Plan Caval, constituant alors un maillon essentiel de la ligne Maginot. Les fortifications de l'Authion stoppent l'offensive italienne de juin 1940 mais ce n'est qu'en 1945 que le site connaîtra réellement l'épreuve du feu.
En effet, les alliés débarquent en août 1944 sur le littoral Méditerranéen et les troupes allemandes devant se replier, décident de retourner la force de frappe de l'Authion contre les alliées. C'est au prix de nombreuses vies que les français reprennent le contrôle de l'Authion et progressent ensuite dans les vallées de Tende et de la Brigue. Ces deux territoires, qui avaient été laissés à l'Italie en 1860, sont rattachés à la France en 1947.
Le massif de l'Authion est l'objet aujourd'hui d'une attention nouvelle de la part du Ministère de la Défense, du Conseil Général des Alpes Maritimes et du Parc National du Mercantour, qui se sont associés afin de sécuriser et conserver le Redoute de la Pointe des Trois Communes, lieu de mémoire dans le grand paysage des Alpes Méditerranéennes. Les randonneurs pourront découvrir en se promenant sur le massif de l'Authion des panneaux d'interprétation pour comprendre l'histoire de ce territoire.
Ouvrage de l'Agaisen
L’Agaisen est un ouvrage construit pour assurer le flanquement de la position de résistance (PR). Il possède une entrée, deux blocs d’artillerie, un pour le flanquement sud vers l’ouvrage de Saint Roch (Bloc n°2), un autre d’action frontale et de flanquement nord vers celui de Monte Grosso (Bloc n°3) et enfin compte tenu des possibilités du terrain un observatoire (Bloc n°4).
La construction du gros œuvre de l’ouvrage dura de 1930 à 1935. L’équipement intérieur fut réalisé de 1935 à 1937, date de la première occupation de l’ouvrage par la troupe pour un exercice. Cependant l’ouvrage fut l’objet d’aménagements et de travaux jusqu’en 1940.
Le premier engagement de l’ouvrage dans les combats eu lieu le 20 juin lors de l’offensive italienne et ne cessât qu’avec l’armistice le 25 juin à 0 h 35. Cet engagement consistât à l’exécution de tirs d’appui au profit des sections d’éclaireurs skieurs et des avants postes.
Dès la fin du conflit le service du Génie reçoit comme tâche la reconstruction des installations de l’ouvrage. A partir de la fin des années soixante le service du génie voit ses crédits diminuer et l’abandon progressif de tous les ouvrages semble inéluctable.
Seuls ceux présentant un intérêt particulier sont conservés en état de marche au titre de l’enseignement militaire, les ouvrages faisant l’objet de visites d’instruction des promotions successive de l’Ecole d’Application du Génie. L’ouvrage de l’Agaisen se trouve parmi ceux-là et bénéficiera des soins de plus en plus limités par les budgets jusqu’à la fin des années quatre-vingt.
Depuis le mois de juillet 1992 une équipe de passionnés, le Groupement technique Agaisen de l’association Edelweiss , entretien et de restaure cet ouvrage.
Depuis maintenant une décennie, un travail formidable a déjà permis de reconstruire, entre autre le groupe auxiliaire de l'usine , de remettre en état les groupes SMIM-SW, les ascenseurs des blocs et une partie de la tourelle.
D’un point de vue technique l’ouvrage représente un bel exemple de l’adaptation des standards de la CORF à la configuration particulière du terrain. Le principe de défilement des blocs actifs remplace avantageusement en montagne celui de la dispersion des organes de feux et compense la concentration quasi excessive des casemates à plusieurs étages.
Le peu de résultats des bombardements intense de juin 1940 est le meilleur témoignage de l’opportunité de cette adaptation.
Aujourd’hui l’Agaisen permet de faire découvrir une grande diversité d’équipement typique de la Maginot Alpine.
Ouvrage de la Frassinea
Le blockhaus de la Frassinéa était l'une des annexes du puissant fort de Rimplas (qui ne se visite pas), premier ouvrage construit sur la ligne Maginot en 1928. Une quinzaine d'autres constructions existaient dans la vallée.
Leur mission était de stopper l'intrusion des chars italiens. La principale meurtrière de la Frassinéa orientée vers l'amont de la vallée où se situait la frontière italienne, était armée d'un canon antichar de 47 mm à tir rapide. Les fortifications de la vallée ont peu combattu. Après l'armistice du 25 juin 1940, les soldats français évacuèrent les constructions.
Cet ouvrage, construit entre 1935 et 1939, accueillait 30 soldats sous l'ordre d'un lieutenant et fonctionnait avec 2 mois d'autonomie (vivres, munitions). La protection est assurée par 3 couches de béton armé d'une épaisseur totale de 2,50 m. Une source d'eau potable jaillit naturellement à l'intérieur. Deux groupes électrogènes, diesel S.M.I.N. de 21 chevaux, assuraient l'éclairage en 110 volts continu et la ventilation en air chaud et froid.
L'ouvrage de la Frassinéa a été entretenu par le Ministère des Armées jusqu'en 1970, puis vendu à la commune de Rimplas. Depuis 1995, l'ouvrage est restauré par le groupe des scouts de France de Saint Sauveur sur Tinée. Aujourd'hui, il est confié à l'association 'Les amis de l'ouvrage Maginot de la Frassiné
Ouvrage de Sainte Agnès
Le fort fut édifié entre 1932 et 1938 pour assurer la défense de la baie de Menton qu'il couvrait de sa puissance de feu.
Véritable ville souterraine creusée dans les profondeurs du rocher, le fort est dans un étonnant état de conservation qui permet aux visiteurs de se sentir en situation.
Toujours équipé de son armement d'artillerie sous casemate (canon obusier de 135 et 75, mortier de 81), son bloc sud était la casemate frontale la plus puissamment armée de toute la ligne Maginot, ce qui lui permit de tenir en échec l'offensive italienne de Juin 1940.
La centrale électrique et la salle de neutralisation contre les gaz de combat, ascenseurs et monte-charge toujours en état de fonctionnement, ainsi qu'un important casernement, rendent compte du savoir-faire déployé par les ingénieurs militaires.
Venez découvrir un vieux village à l'authenticité préservée et participez à une visite guidée et commentée de ce patrimoine fortifié unique sur la Riviera qui a pris une part déterminante aux combats de juin 1940 à Menton.

