Les forts dans les Alpes-Maritimes

Fort du Janus

Le premier blockhaus en maçonnerie fut rehaussé d'un étage, disposant de 120 places. Puis en 1891, on construit une batterie casematée en béton armé pour couvrir les pièces d'artillerie orientées vers le Gondran, jusqu'à lors à ciel ouvert.

L'ouvrage du Janus connaîtra de nombreux réaménagements jusqu'en 1937, notamment avec l'édification de blockhaus complétant le système fortifié et permettant de croiser les tirs.


Face à lui, les italiens construisirent le fort du Chaberton, qui culmine à 3135 mètres. Véritable prouesse technique et humaine, le sommet a dû être arasé d'une hauteur de 6 mètres pour la construction du fort, qui nécessita beaucoup d'hommes. En grande partie enterré, le fort ne résista pourtant pas aux obus français, notamment tirés depuis le Janus, en 1940, après la déclaration de guerre de Mussolini.


Aujourd'hui, les forts du Janus et du Chaberton se trouvent tous les deux en territoire français et peuvent être des buts de ballades journalières. Ils offrent au regard des randonneurs des panoramas exceptionnels !

Fort Queyras

Fort-Queyras, château rattaché au Dauphinois au XIIIème siècle, fut l'objet de nombreux aménagements jusqu'à nos jours : transformée notamment par Vauban, qui y ajouta escarpe, contre-escarpe, fossé et demi-lune, la citadelle conserva toutefois son donjon médiéval. Formidable poste d'observation, Fort-Queyras joua un rôle militaire important jusqu'en 1967.
Aujourd'hui, le site est ouvert au public et fait l'objet d'un nouveau projet de valorisation.
Cet été, les visiteurs pourront découvrir différentes expositions :
- le centre d'architecture et d'urbanisme d'Embrun propose de découvrir tout au long de l'été des expositions sur le thème du Paysage, de l'eau et des grandes réalisations de 20ème siècle.
- le musée ESAG propose une très belle exposition sur Vauban et ses grandes réalisations.
- les artistes du Queyras et des environs exposent leurs oeuvres dans plusieurs salles du donjon, peintures, sculptures, photographies, patchwork.

Les visiteurs peuvent également découvrir le fort en parcourant la via ferrata : elle débute au pied du village pour s'élever tout autour du fort en surplomb des Gorges du Guil et arrive au pied des fortifications.
Le parcours est sans grandes difficultés, mais conseillé aux enfants à partir de 7 ans (Possibilité d'échappatoire après la deuxième passerelle, via ferrata en accès libre de mai à octobre).

Ouvrage du Gondran E

Il se compose du fort et de plusieurs petits ouvrage étendus sur le massif et qui seront construits entre 1887 et 1890. L'équipage ne dépassait pas une quarantaine d'hommes.

De part sa position, il domine et contrôle la conque des osurces de la Durance au nord.

Aujourd'hui, le fort et le souvrages sont à l'abandon mais en bon état.

Place Forte de Mont-Dauphin

L'attaque de Victor Emmanuel de Savoie en 1692 rendait indispensable la fortification de la vallée du Guil et de la Durance. Vauban a souhaité ici la création d’une place forte, ensemble fortifié alliant éléments militaires et vie civile. Village, fortifications et bâtiments militaires sont réalisés en même temps. La défense du site est en permanence améliorée jusqu’au XIXème siècle, malgré l’éloignement de la frontière lors du traité d’Utrecht de 1713.

Les principaux bâtiments à l'intérieur de l'enceinte sont la poudrière, érigée à la fin du XVIIème siècle, la caserne Rochambeau, casemate du XVIIIème siècle remarquablement charpentée au XIXème, l'arsenal (XVIIIème siècle) et l’église inachevée. Le projet civil inachevé, basé sur un plan régulier en damier, confère à ce village d’une centaine d’habitants une atmosphère particulière. Mont-Dauphin est également un site naturel remarquable, offrant au visiteur un panorama unique à 360° sur les vallées du Guil et de la Durance.

Les visiteurs peuvent découvrir librement la place forte. Les visites guidées, organisées par le Centre des monuments nationaux, permettent de découvrir l’intérieur des principaux bâtiments et fortifications (fossés, lunette d’Arçon et souterrain la reliant au système défensif, poudrière, arsenal, charpente à la Philibert Delorme de la caserne Rochambeau).

De nombreuses animations font également vivre le site et un centre artisanal (cuir, vitrail, poterie, cadrans solaires) est ouvert à l’année.

 

Site fortifié de Briançon

Bastion catholique, la ville est prise par le duc de Lesdiguières en 1590, qui fait renforcer le château par un front bastionné. Un siècle plus tard, Vauban propose des améliorations et des ouvrages complémentaires à l'enceinte bastionnée de 1690.

Pendant la guerre de Succession d'Espagne, Briançon est la clef de voûte de la défense de l'armée des Alpes. A la paix d'Utrecht (1713), trois vallées outre monts passent à la Savoie. La ville devient alors une place forte de première ligne.

D'importants travaux sont menés entre 1721 et 1734 : le fort des Trois Têtes est érigé sur la rive gauche de la Durance ainsi que les forts du Randouillet, Dauphin, d'Anjou, la redoute du Point du Jour complétés par la Communication Y. Le pont d'Asfeld, réalisé entre 1729 et 1731, permet de conserver l'efficacité des ouvrages de la rive gauche de la Durance et de rester en liaison avec la ville. Les deux siècles suivants, les ingénieurs militaires montent à l'assaut des sommets environnant la ville et y installent des forts répondant au progrès de l'armement.

Avec l'installation du 159e Régiment d'Infanterie Alpine en 1890, Briançon devient une ville de garnison. Briançon sort de ses murs au XIXe siècle : de nouveaux quartiers sont créés et des activités industrielles se rassemblent dans le quartier de Sainte Catherine.

La pratique du ski pour des raisons stratégiques impulsée par le capitaine Clerc du 159e RIA dès 1901 entraîne l'organisation de concours internationaux et dans la deuxième moitié du siècle la création d’une véritable station de sports d'hiver.

Aujourd'hui, Briançon, sous-préfecture de 12000 habitants et Ville d'Art et d'Histoire, continue d'assumer son rôle de carrefour, et met en valeur son riche héritage monumental et urbain.

Nombreuses animations: visites guidées, ateliers pour les 6-12 ans, balades-spectacles.