Les forts dans les Alpes-Maritimes
Batterie de Cuguret
Batterie du type Séré de Rivières en tenaille construite entre 1883 et 1886, elle est complétée en 1891 par 3 postes optiques et une caserne logement pour les hommes de troupe. Située à 1866 mètres d'altitude elle est exposée plein sud et regarde la Vallée de l'Ubaye ainsi que le vallon de Restefond. Les années de gel et dégel ont mis à mal certaines parties de la batterie mais il reste tout de même un magnifique chemin de ronde et un pont levis à bascule en dessous.
Dernier vestige de la fortification extérieure avant la crise de l'obus torpille, elle n'a cependant pas subit l'épreuve du feu, ni en 1914, ni en 1939. Les seuls combats ont eu lieu au dessus du second poste optique, à 2526 mètres, contre les allemands qui étaient installés dans le Fort de Roche Lacroix. Située à proximité d'un chemin de petite randonnée, elle est très fréquentée en période estivale. En effet, on peut observer de son plus haut poste optique l'un des plus beau panorama sur la vallée de l'Ubaye.
L'association 'Les Ermites du Fort de Cuguret' a été créée en mars 2005.
Elle a pour objectifs de permettre aux ermites de se rencontrer, partager des idées et échanger des compétences, participer à la réhabilitation, à l’aménagement d’un site exceptionnel destiné à devenir un lieu de vie et d’accueil (manifestations diverses : expositions, concerts, stages thématiques), un lieu de ressourcement (repos, solitude et silence).
Propriété de l'état jusqu'en 1970, la batterie est achetée lors d'une vente aux enchères à la bougie pour 50000 francs. Le nouveau propriétaire à cette époque a 60 ans. Il occupe le bâtiment durant 30 ans, été comme hiver. Durant ces années, il enlève la terre qui recouvre le fort, et modifie considérablement les niveaux de terre. Quelques murs n'ont pas résisté aux assauts de son bulldozer et de son tractopelle. Il fait relier la batterie au réseau E.D.F. et obtient une ligne téléphonique fixe. Son désir de créer un centre d'accueil n'arrive pas à terme, et c'est en novembre 2004, à 95 ans, qu'il décide de passer le relais car son état de santé ne lui permet plus de rester au fort toute l'année. Les travaux de remise en état et de nettoyage ont donc repris avec le désir de remettre le bâtiment dans une configuration extérieure la plus proche de l'origine, et d'utiliser l'intérieur comme centre d'accueil, de découverte et de ressourcement.
Citadelle d'Entrevaux
Place frontière avec le Comté de Nice jusqu'en 1860, la ville nichée dans une boucle du Var fut, après l'invasion piémontaise de 1690, fortifiée par Niquet, directeur des fortifications de Provence d'après les instructions de Vauban, qui n'avait pu se rendre sur place.
En 1704, à la Toussaint, après avoir cette fois visité Entrevaux, Vauban corrige le premier plan et prévoit d'importantes modifications pour la citadelle. C'est toutefois le plan modifié de 1693 qui sera progressivement mis en œuvre et donne son aspect actuel à Entrevaux. Utilisant au mieux les extraordinaires possibilités de l'éperon rocheux barrant le var, Vauban fit renforcer la porte de Puget-Thénier par un ouvrage à cornes. Il compléta ces fortifications par deux tours bastionnées.
Au XVIIIème siècle, la défense fut complétée par deux batteries placées à mi-hauteur du chemin menant au château, lequel fut protégé des tirs d'enfilade par des parapets qui donnent à l'ensemble un aspect saisissant.
Citadelle de Sisteron
Fortifié depuis l'antiquité en raison de sa position idéale, le rocher dominant la cluse de la Durance a tout d'abord accueilli un oppidum celto-ligure, puis un castrum romain, puis un châtel de bois pendant le haut Moyen-Age, aujourd'hui disparus.
La Citadelle actuelle est un ensemble d'ouvrages d'époques diverses, qui commence avec le chemin de ronde et le puissant donjon construits au XIIIe siècle, qui continue avec les ouvrages bastionnés établis aprés les guerres de religion, puis avec les aménagements de Vauban. Au XIXe, la citadelle est 'mise à jour' et fortifiée, et le formidable escalier souterrain qui la relie à la porte nord de la ville est construit.Sur le site de la Citadelle s'élève également la chapelle Notre-Dame du Château, construite au XVe siècle. Le bâtiment est un chef-d'oeuvre, tant par ses proportions parfaites que par le jeu de lumières et de couleurs (induit par une dichromie d'une rare élégance entre le grès doré et calcaire gris).
Parcours sonorisé, musée, tables d'orientation, visites guidées.
Fort Saint Vincent
L'ingénieur Vauban, envoyé par Louis XIV, vient inspecter la place de Saint-Vincent par deux fois. La première, en 1692, - nous sommes alors dans le contexte des guerres de la Ligue d'Augsbourg - il prévoit la construction d'une 'redoute à mâchicoulis'.
L'ingénieur Creuzet de Richerand fait exécuter les travaux à partir de 1693. Vauban revient en 1700 et élabore un second projet. En 1722, on constate que seules trois échauguettes ont été réalisées et que des embrasures ont été modifiées.
Durant les 18e et 19e siècles, rien n'est fait à Saint-Vincent, les ministres étant réticents pour accorder des crédits à un ouvrage mineur.
A partir de 1873, dans le cadre de la refonte générale du système de défense des frontières, Saint-Vincent fait l'objet d'une extension, probablement à titre de place arrière du verrou de Tournoux.
De 1879 à 1887, le site est transformé en une sorte de 'place à forts détachés'.
Aujourd'hui, le fort appartient à un particulier, qui a décidé de restaurer le site pour l'ouvrir au public… dans quelques années !
Fortifications de l'Ubaye
Pièce maîtresse du dispositif, la forteresse de Tournoux, construite de 1843 à 1865, se développe sur 400 mètres de dénivelée et s'articule en 3 ouvrages élémentaires : en bas, la batterie XII, groupe de casemates à canon creusées dans le roc et prenant d'écharpe la route de la vallée ; au milieu, le fort moyen avec la porte principale, les 2 casernes et des casemates pour la boulangerie, les magasins et les citernes ; au-dessus, le fort supérieur, avec une belle caserne et des batteries casematées tirant sur la vallée amont.
Le tout est enveloppé par une enceinte continue partie maçonnée, partie taillée dans le roc, et relié par une route intérieure en lacets très serrés et des routes extérieures.
L'ensemble est très impressionnant, mais ce n'est qu'une partie des projets peu à peu réduits en raison des difficultés. La place fut déclassée après la Seconde Guerre Mondiale et accueille aujourd'hui de nombreux visiteurs, curieux de découvrir cette incroyable forteresse qui trône au cœur de la vallée de l'Ubaye.
La forteresse de Tournoux n'est qu'un élément du système défensif de l'Ubaye, complété par de nombreux autres forts : batterie des Caurres, fortin de Serre de Laut, batterie de Vallon-Claus, redoute du Castelet, ouvrage de la Plate Lombarde, redoute de Berwick, batterie et casernement de Viraysse, ouvrage haut de Saint-Ours, batterie de Cuguret, avant-poste de Larche, ouvrage de Restefond, fortin de la Pelousette, ainsi que les ouvrages de Roche-la-Croix et de Saint-Ours Bas. Ces deux derniers forts sont également accessibles à la visite.
Forts de Colmars les Alpes
Dès 1690, l' ingénieur Niquet, Directeur des fortifications de Provence, prévoit la construction de deux forts.
En 1693, Vauban élabore le projet de deux 'redoutes à mâchicoulis' et en confie l' exécution à Richerand, directeur des fortifications du Dauphiné. Celui-ci fait construire deux forts à Colmars de 1693 à 1696, dont celui Saint-Martin. Depuis le milieu du 18e siècle, le fort Saint-Martin est désigné sous le nom de 'fort de Savoie' puis, sur décision ministérielle de 1887 'fort Desaix'. En 1819, la tour ronde est fermée et est rattachée au fort supérieur. On construit également deux nouvelles échauguettes et un pont-levis. Vers 1843, des casemates sont aménagées dans la caserne.
Les visiteurs pourront aujourd'hui découvrir le Fort de Savoie à travers diverses expositions mais également le village et les remparts grâce à des animations spectacles.
La Citadelle de Seyne les Alpes
La forme étroite et allongée dela Citadelle, tout à fait insolite pour un ouvrage défensif, tient compte de la configuration du terrain et de la volonté d’inclure la « Grande Tour » du XIIème siècle à l’ouvrage tout en protégeant la cité située aux pieds de la colline.
De cette tour, récemment restaurée et classée Monument Historique, le panorama sur la vallée de la Blanche est unique ; elle servait de 'cavalier' à la Citadelle.
L’accès à l’avant-fort est libre vous avez même la possibilité de déjeuner sur une des tables de bois disposées à cet effet!
La visite de la Citadelle est agrémentée de panneaux d'interprétation, d'expositions variées (thèmes historiques, art contemporain, etc.), de tables d'orientation et d'un diaporama ('Pays de Seyne, Terre des hommes').
Un petit jeu de découverte agrémentera la visite des plus jeunes.
Des visites guidées sont organisées régulièrement. Certaines pièces de la Citadelle sont accessibles uniquement à cette occasion!

