La lavande
Un territoire, un esprit, une découverte
La culture de la lavande en haute Provence n’est le fruit ni du hasard, ni d’une évidence agronomique. Parce qu’elle est apparue, au XXème siècle, comme étant susceptible de fournir une ressource financière abondante au plus fort de la crise agricole et démographique, elle correspond essentiellement à une opportunité économique saisie par les habitants d’une vaste région.
Sa mise en œuvre et son développement n’ont cependant pas été conçus comme uniformes. Ils ont épousé, au contraire, les spécificités de chacun des territoires qui vous accueillent au fil de nos itinéraires.
Le paysage de haute-Provence dans lequel elle s’est inscrite est caractérisé par :
- une grande “complexité/ diversité/ richesse” géographique, géologique, climatologique
- un positionnement à l’écart des grandes villes et des grands axes
- une forte empreinte de l’homme et de ses pratiques agraires
- une proximité immédiate entre zones aménagées et territoire naturel “sauvage”
Hier et aujourd'hui
Au XIXème siècle, sur les hautes terres de Provence, la lavande sauvage couvre les collines, favorisée par le pâturage intensif des moutons. L'expansion à Grasse des industries de la parfumerie provoque une forte progression de la demande de plantes à parfum. La cueillette de l'aspic et de la lavande fine, jusqu'alors effectuée par les bergers et quelques paysans, se généralise et s'organise.
Au milieu du XXème siècle, la mécanisation et l'amélioration de la productivité des plants de lavandins par hybridation favorisent l'intensification de la culture de l'or bleu. De nombreuses familles agricoles vivent essentiellement de la lavande.
La fin du XXème siècle marque un tournant. Avec l'émergence de nouveaux pays producteurs (Chine, Europe Centrale), la chute des cours, l'intensification maximale de la culture et les premiers effets du dépérissement, le nombre de lavandiculteurs décroit, de même que la surface cultivée. Le paysage change, la lavande « bouge » de plus en plus rapidement. Dans les années 2000, l'apparition de nouveaux débouchés, notamment celui du bien être, permet de maintenir le nombre de producteurs et tend à encore améliorer la qualité de la production.

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